Hongrie: le Parlement supprime les clauses anti-LGBTQ+ de la loi Orbán

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Le Parlement hongrois a voté le 13 octobre la suppression de dispositions d'une loi de protection de l'enfance de 2021 qui restreignaient la représentation de l'homosexualité et de la transidentité auprès des mineurs. L'amendement a été adopté par 139 voix contre 51. Il s'agit de la première remise en cause substantielle des restrictions visant les minorités sexuelles depuis l'arrivée au pouvoir du Premier ministre Péter Magyar en mai, en remplacement de Viktor Orbán.
La loi d'origine interdisait la « représentation ou promotion de l'homosexualité ou de la transidentité » auprès des personnes de moins de 18 ans. Avec l'amendement, cette interdiction spécifique disparaît au profit d'une exigence générale de protection des mineurs contre les contenus susceptibles de nuire gravement à leur développement physique, intellectuel, émotionnel ou moral. Le gouvernement de Magyar, dont le projet a été déposé en septembre, affirme que ces changements renforcent la protection de l'enfance « quelle que soit l'orientation sexuelle » et mettent la Hongrie en conformité avec les exigences de l'UE. Le parti Tisza dispose de la majorité des deux tiers au Parlement.
Les commissaires européens Michael McGrath et Hadja Lahbib ont qualifié ce vote de « signal important » d'attachement aux valeurs européennes communes. Tamás Dombos, de l'association de défense des droits civiques Háttér, s'est félicité de cette décision tout en soulignant que d'autres dispositions discriminatoires demeurent. Human Rights Watch relève que l'article 5/A de la loi sur la protection de la famille contient encore des restrictions similaires sur les contenus accessibles aux enfants. Le petit parti d'opposition Mi Hazánk a critiqué les nouvelles règles.
Le vote fait suite à un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne d'avril 2026, qui a jugé ces dispositions incompatibles avec le droit de l'UE. Depuis 2020, le gouvernement Orbán avait progressivement restreint les droits des personnes LGBTQ+ au nom de la protection de l'enfance, en commençant par interdire la reconnaissance juridique de l'identité de genre des personnes transgenres. Dans ce contexte, l'amendement marque une inflexion politique sous la pression juridique de l'UE, mais sa portée reste limitée : il supprime des clauses précises visant les contenus relatifs aux minorités sexuelles, sans démanteler l'ensemble du dispositif. Selon les analystes, la poursuite de la protection juridique dépendra des décisions ultérieures du gouvernement et du Parlement.
Lucas Bakke, service Europe
Sources: Euronews (13 octobre 2026) ; Georgia Today (15 octobre 2026) ; Economx (13 octobre 2026) ; Brussels Signal (octobre 2026)
Liens de référence: Euronews; Georgia Today






