Uruguay: La communauté LGBT exige des excuses de l'État pour les violences de la dictature

En octobre 2026, à l'occasion de la Marche des fiertés annuelle organisée dans la capitale Montevideo, plusieurs collectifs de défense des droits humains et des minorités sexuelles ont formellement exigé du gouvernement de l'Uruguay la reconnaissance publique et des excuses officielles de l'État pour les exactions perpétrées sous la dictature civico-militaire de 1973 à 1985. Les manifestants ont souligné que la terreur d'État ne revêtait pas seulement un caractère politique, mais constituait également une persécution morale, sexuelle et de genre ciblée.
D'après les déclarations rendues publiques lors du rassemblement, l'appareil répressif de la dictature a soumis les personnes homosexuelles et les femmes transgenres (travestis) à des arrestations arbitraires massives, des détentions prolongées, des sévices physiques et des actes de torture systématiques en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre. Les représentants associatifs ont insisté sur l'absence persistante d'excuses formelles de la part des institutions démocratiques envers l'ensemble de la communauté LGBT, réclamant une réforme institutionnelle approfondie pour garantir la non-répétition de telles violences étatiques.
Sur le terrain des réparations légales, les collectifs ont mis en lumière les insuffisances du cadre indemnitaire actuel. En 2018, l'Uruguay avait instauré une pension réparatoire mensuelle d'environ 500 dollars destinée à près de 200 personnes transgenres victimes de violences d'État durant les années sombres de la dictature. Cependant, les organisations de défense des droits fondamentaux estiment que cette mesure purement pécuniaire demeure incomplète et ne saurait se substituer à une réhabilitation morale complète et solennelle assumée par le gouvernement uruguayen.
Sur le plan sociopolitique, cette mobilisation s'inscrit dans le cadre plus vaste de la justice transitionnelle et du devoir de mémoire en Amérique du Sud. Bien que l'Uruguay figure parmi les nations pionnières du continent en matière de législation égalitaire, l'occultation des violences homophobes d'État du siècle dernier représentait un vide historique majeur. En interpellant directement les pouvoirs publics sur la responsabilité morale de l'État, ces initiatives tracent la voie d'une réparation intégrale associant mémoire collective et réformes structurelles pérennes.
Équipe éditoriale sud-américaine: Diego Álvarez
Source: D'après les publications de Noticias LGBT+
Sources documentaires
Parlement de l'Uruguay - Portail législatif officiel
Secrétariat aux droits de l'homme de la présidence de la République orientale de l'Uruguay
Institution nationale des droits de l'homme de l'Uruguay (INDDHH)






