Des condamnations historiques à 15 ans de prison au Kenya pour de violentes attaques contre des homosexuels : un jalon plein d'espoir

Selon des organisations de défense des droits de l'homme, les personnes LGBTQ+ au Kenya sont confrontées à une recrudescence des cas de chantage et d'extorsion, souvent accompagnés de violences. Photo : Brian Inganga/AP
Dans une décision saluée comme une avancée majeure pour les droits humains en Afrique de l'Est, le tribunal de Milimani à Nairobi a condamné deux individus à 15 ans de prison pour vol avec violence le 3 mars. L'affaire concernait une agression brutale contre deux hommes homosexuels, marquant un cas rare où des membres de la communauté queer au Kenya ont obtenu justice par le biais du système judiciaire officiel.
Les victimes ont été attirées dans une résidence privée via les réseaux sociaux, où elles ont été prises en embuscade par un groupe d’hommes. Pendant plus de quatre heures, les agresseurs ont infligé des violences physiques aux victimes et menacé de les tuer ou de révéler leur homosexualité à leurs familles si elles ne payaient pas une rançon. Les auteurs ont finalement libéré le couple après avoir reçu un virement de 100 000 shillings kényans. Les organisations de défense des droits humains suggèrent que ces agresseurs appartiennent à des cartels organisés qui ciblent spécifiquement les minorités sexuelles, opérant souvent dans une impunité perçue.
Le contexte juridique et social reste difficile pour la communauté :
Criminalisation : le Kenya fait partie des dizaines de pays africains où les relations homosexuelles restent illégales et sont passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison.
Hostilité croissante : des groupes de défense des droits ont signalé une recrudescence des cas de chantage et d’extorsion, avec 226 cas enregistrés en 2025 et 61 cas rien qu’au cours des deux premiers mois de 2026.
Obstacles institutionnels : les victimes sont souvent victimes de harcèlement lorsqu’elles signalent des crimes à la police, les agents classant parfois les affaires sans suite en raison de l’orientation sexuelle des plaignants.
Les experts juridiques estiment que cette condamnation constitue un moyen de dissuasion crucial. Alors qu’un projet de loi connu sous le nom de « Family Protection Bill » menace de restreindre davantage les libertés, cette décision judiciaire offre une lueur d’espoir quant à la capacité de la loi à protéger tous les citoyens contre la violence, quelle que soit leur identité.
Rédaction Afrique : Adeola





